À Guillestre, l’ancien hôtel des Barnières se transforme en vingt et un logements. La réhabilitation et la surélévation prennent l’existant comme matière de projet : ses murs, ses volumes, son implantation dans la pente et ses ouvertures sur le paysage constituent une ressource à prolonger. La transformation donne à ce bâtiment de nouvelles façons d’être habité.
Le projet réinterprète les relations qui structurent le bâti haut-alpin : l’assise minérale, la présence du bois, les toitures protectrices et les espaces ouverts sur la vallée. Les balcons et les terrasses donnent de la profondeur aux façades. Ils prolongent les pièces de vie et ménagent des lieux de retrait, au contact du climat et du paysage.
Le mélèze inscrit cette transformation dans une culture constructive alpine. Employé en bardage vertical à couvre-joints, il compose une façade par le rythme des planches, l’épaisseur des assemblages et les ombres qu’ils produisent. Sa mise en œuvre simple et la patine du bois participent d’une architecture attentive à la durée, à l’entretien et aux savoir-faire du territoire.
Le marbre rose de Guillestre déjà présent est conservé et mis en valeur. Le projet prolonge l’usage de cette ressource locale et la mémoire d’une carrière aujourd’hui fermée. Le dialogue entre cette pierre et le mélèze relie l’intervention à l’histoire matérielle du lieu.
Rationaliser la rénovation est un engagement écologique et une question de société. Conserver les ouvrages qui peuvent durer, coordonner les interventions et travailler avec des détails reproductibles permettent de mesurer les moyens engagés. Cette économie de matière et de mise en œuvre sert une ambition concrète : créer des logements confortables dans un bâtiment déjà là, préserver les ressources et rendre possible son entretien comme ses transformations futures.